Passer le barrage de la secrétaire : les techniques qui respectent tout le monde
September 8, 2026
Le gatekeeper n'est pas un obstacle, c'est un interlocuteur. Les techniques honnêtes qui fonctionnent mieux que les vieilles ruses - Par Massimo Gazzola |Fondateur, The Outbound Society
Par Massimo Gazzola, fondateur de The Outbound Society
Les vieilles ruses pour « passer la secrétaire » (prétendre être un ami, jouer l'urgence, mentir sur l'objet de l'appel) partagent deux défauts : elles sont indéfendables, et elles ne marchent plus. Les assistants de direction reçoivent des dizaines d'appels commerciaux par semaine et repèrent la manipulation en trois secondes. La bonne nouvelle : l'approche honnête fonctionne mieux. Voici comment.
Comprendre le rôle du gatekeeper, et le respecter
L'assistant de direction n'est pas un obstacle, c'est un filtre professionnel : son travail consiste à protéger le temps du dirigeant en laissant passer ce qui compte et en écartant le bruit. Deux conséquences pratiques.
Un : votre objectif n'est pas de le contourner, mais de le convaincre que votre appel entre dans la catégorie « ce qui compte ». Deux : cette personne connaît l'agenda, les priorités et les projets en cours mieux que quiconque. Bien traitée, elle devient votre meilleure alliée ; traitée comme un obstacle, elle devient un mur.
Les formulations qui ouvrent les portes
- L'honnêteté directe : « Bonjour, [prénom nom] de [entreprise]. C'est un appel de prospection, je ne vais pas vous le cacher. J'aimerais parler à [décideur] au sujet de [enjeu précis]. Est-ce que c'est lui le bon interlocuteur ? » L'aveu désarme et la question finale transforme le filtre en conseiller.
- Le respect explicite du rôle : « Je sais que vous filtrez, et c'est normal. Laissez-moi vous dire en une phrase pourquoi j'appelle, et vous me direz si ça vaut le coup de déranger [décideur]. » Vous lui rendez la décision au lieu de la lui arracher.
- La demande de conseil : « Vous connaissez le fonctionnement mieux que moi : quel est le meilleur moyen d'échanger dix minutes avec [décideur] sur [sujet] ? » Demander conseil valorise l'interlocuteur et produit souvent une vraie réponse : un créneau, un email direct, le nom du bon contact.
- Le contexte vérifiable : « Je fais suite à mon email de mardi sur [sujet]. » À condition que l'email existe : la cohérence multicanale crédibilise l'appel.
Les alternatives au barrage frontal
Parfois, la meilleure façon de passer le standard est de ne pas passer par le standard.
- Les horaires décalés : avant 8h45, après 18h, à la pause déjeuner. Le standard est fermé, les dirigeants sont souvent à leur poste, et ils décrochent eux-mêmes.
- La ligne directe et le mobile : les outils d'enrichissement fournissent de plus en plus de lignes directes. Un numéro direct vaut dix appels au standard.
- Le multicanal comme préparation : un email et une interaction LinkedIn avant l'appel transforment un appel à froid en suivi légitime, y compris aux yeux de l'assistant.
Ce qu'il ne faut jamais faire
Mentir sur votre identité ou l'objet de l'appel, jouer une fausse familiarité (« c'est personnel », « il attend mon appel »), être condescendant avec l'assistant, ou rappeler quinze fois en espérant tomber sur quelqu'un d'autre. Au-delà de l'éthique, c'est contre-productif : les assistants notent, se souviennent, et se parlent. Un mensonge découvert ferme la porte définitivement, pour vous et pour votre entreprise.
Retenez l'équation : clarté + respect + pertinence. Un appel dont l'objet est clair, qui respecte le rôle du filtre et qui porte un vrai enjeu pour le dirigeant finit par passer. Pas à tous les coups, mais bien plus souvent que les ruses, et sans rien laisser derrière vous que vous auriez à regretter.

